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Témoignages

Voyage au Sénégal du 10 au 18 octobre 2016

Au retour du Rwanda en octobre 2015, il avait déjà germé dans la tête et surtout dans le cœur des membres du comité d’Espoir pour Eux le désir d’un nouveau voyage, au Sénégal cette fois.
Et c’est ainsi qu’une année plus tard, nous sommes neuf à nous envoler pour Dakar, flanquées d’immenses valises et d’un enthousiasme à toute épreuve!

 


Quelques heures plus tard, le Sénégal nous accueille, avec sa chaleur écrasante mais surtout avec Demba et la chaleur de son sourire, notre ami rencontré six ans plus tôt. Il sera notre guide durant tout le séjour et nous conduit jusqu’à notre auberge à Mbour. Les paysages défilent; c’est la fin de la saison des pluies, ce qui explique l’herbe sur les bords de routes, les feuilles des baobabs, mais surtout cette humidité qui étouffe, colle, et ne vous lâche jamais. Ne manquaient plus que les moustiques qui nous accueillent avec empressement.


Lors de cette première soirée, nous rencontrons également Charline, co-responsable du centre «Pour une Enfance Sénégal», qui partage notre joie d’offrir à Demba une guitare ramenée de Suisse.

 

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Durant notre séjour, nous partagerons notre temps entre les deux centres que nous soutenons au Sénégal. Tous deux sont des centres de jours qui accueillent des enfants talibés, le temps d’un petit déjeuner, d’une douche parfois, de jeux ou d’une petite sieste. Nous passons une bonne partie de cette première soirée à vider nos valises de vêtements, médicaments, pansements et autre matériel de soin et à les trier selon les besoins.

 


Le lendemain matin, nous rencontrons Mariama Louka, responsable du centre des Gônes de Mbour. Elle y accueille quatre fois par semaine les enfants talibés de 8h30 à midi, aidée de deux Sénégalaises et de bénévoles quand elle a la chance d’en avoir. Au centre règne une organisation millimétrée qui a fait ses preuves, car ce sont parfois plus de 500 enfants qui se pressent le ventre vide derrière le portail. Ces garçons, certains d’à peine plus de 3 ans (jusqu’à 18 ans) ont été confiés par leurs parents à des marabouts pour leur enseigner le Coran dans des conditions de vie dures qui sont censées leur apprendre la vie et les préparer à leur avenir d’homme. La plupart du temps, ils doivent mendier pour trouver leur nourriture et diverses aumônes qu’ils ramèneront le soir à leur maître coranique: argent, sucre, riz… Beaucoup sont punis, souvent battus, s’ils ne s’acquittent pas de leur mission. La plupart vivent dans des conditions épouvantables, dorment à même le sol, ne mangent pas à leur faim, sont sales, ont froid en hiver, sont parfois violentés par les plus grands.

 

 


Nous passerons plusieurs matinées à aider Mariama. Notre aide est la bienvenue: puisque nous sommes nombreuses, c’est l’occasion de sortir les jeux de société et c’est dans une joyeuse excitation que nous ferons d’inlassables parties de Memory, de loto et autres dominos. Difficile parfois de calmer les ardeurs de ces petits qu’une simple paire de Memory remplit de joie. Leurs yeux pétillants, leurs petites mains agiles, leur bousculades nous rappellent, si besoin était, que ce sont des enfants comme les autres: les mêmes besoins, les même envies, les mêmes éclats de rires, les mêmes larmes que la dureté de la rue a pourtant rendues plus rares.

 


Le jeudi, c’est jour de douche aux Gônes de Mbour, un moment bienvenu dans cette chaleur humide qui ne laisse aucun répit. Après le traditionnel lavage de mains à l’extérieur du centre, les enfants déposent leur bol de mendicité à la consigne et reçoivent un numéro à mettre autour du cou. Puis ils font la queue pour se servir d’un petit déjeuner: un morceau de pain, parfois une portion de Vache qui rit ou une demi-banane, une boisson. Ils vont sagement s’asseoir aux tables prévues à cet effet. Mariama n’est jamais loin et jette toujours un œil, sévère au besoin mais toujours bienveillant, sur ses petits protégés. Ensuite, assis sur un banc, un morceau de savon à la main, ils attendent leur tour pour la douche. Plus tard, pour ceux qui ont envie de traîner un peu, les tables de dessins ou le coin lecture les attendent. D’autres jouent au foot dehors, pour autant qu’un bénévole soit disponible pour les surveiller. L’infirmerie est aussi ouverte aussi souvent que possible pour soigner les blessures de la rue ou des mauvais traitements, les brûlures et maux divers. Vers midi trente, les derniers s’en vont retrouver la rue et ses aléas.

 

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Au centre «Pour une Enfance Sénégal», les enfants sont accueillis du lundi au vendredi. S’ils sont moins nombreux, entre 60 et 120 par jour, leur réalité reste la même, leurs besoins identiques, leurs souffrances aussi fortes. Au centre, l’accent est mis sur les soins médicaux, un infirmier étant présent chaque matin; cependant les enfants peuvent aussi profiter d’un petit déjeuner (un morceau de baguette tartiné au beurre et un verre de thé) et ont la possibilité de dessiner, de lire, de jouer au foot et de se reposer. Une classe d’alphabétisation est également ouverte les jeudis et vendredis où une trentaine d’élèves de niveaux scolaires très différents ont l’opportunité d’améliorer leurs connaissances de base. Le centre fourmille de projets: la construction d’un four à pain qui permettra de nourrir les enfants à moindre coût et de vendre le surplus aux familles alentour, l’élaboration d’un jardin pédagogique, la construction de sanitaires et d’un réfectoire.

 

 


Durant notre séjour, chacune de nous met ses compétences au service des centres, soit en préparant les petits déjeuners ou en apportant des soins médicaux, soit en donnant une leçon en classe ou en jouant avec les enfants. Une aide qui soulage les responsables mais surtout qui nous immerge dans une réalité quotidienne et nous rend admiratives de ces personnes qui jour après jour mettent toute leur énergie à aider les enfants, en se heurtant aux traditions immuables, aux injustices récurrentes, aux limites financières, à la fatigue…

 

  


Notre voyage touche à sa fin; entre notre présence aux centres, les invitations à partager un délicieux tiéboudiène (riz au poisson), la découverte de l’arrivée de la pêche, il nous reste juste un peu de temps pour quelques achats, une matinée dont Demba se souviendra longtemps, quand accompagné de neuf femmes en quête d’artisanat à revendre en Suisse, il nous a guidées à travers un marché de Mbour.

 


«Enfants talibés,


Vous n’avez rien demandé, vous subissez la loi des adultes: de vos parents d’abord, qui ont décidé, souvent poussés par la pauvreté, de vous envoyer dans des écoles coraniques parfois situées à des milliers de kilomètres de chez vous, des maîtres coraniques ensuite qui ont pouvoir de vie ou de mort sur vous, de tous ces hommes et ces femmes encore que vous côtoyez quotidiennement dans l’indifférence, et des plus grands qui vous frappent, vous volent, vous maltraitent.
Vous n’avez rien demandé, mais vous avez faim, vous avez mal, vous avez froid, vous avez peur; cependant vous ne vous plaignez pas. Les petits laissent parfois couler leurs larmes, mais la rue endurcit et les larmes se tarissent.
Vous n’avez rien demandé, mais alors qui prend soin de vous? Qui vous protège? Qui vous aime?
Pourtant vous n’êtes que des enfants, c’est ce que nous avons constaté en jouant et riant avec vous dans les centres, ces havres de paix où pendant quelques heures on vous rend votre enfance volée et où se rallume cette flamme dans vos yeux.
En vous quittant, nous avons le cœur serré, l’impression de vous abandonner encore une fois. Heureusement, chaque jour, des personnes, sénégalaises, françaises ou autres travaillent à améliorer votre quotidien, dans les centres mais aussi chez l’habitant où certains d’entre vous reçoivent des repas. Alors même si ce ne sont que des gouttes d’eau, de petites oasis de paix que nous pouvons vous offrir, nous continuerons à nous préoccuper de vous en soutenant «Les Gônes de Mbour» et «Pour une enfance Sénégal».
Serigne, Omar, Ahmadou, Cheikh et tous les autres….on ne vous oublie pas.»

Voyage au Rwanda du 30 septembre au 10 octobre 2015

Un peu d’appréhension pour certaines, un enthousiasme débordant pour d’autres, une excitation palpable mais surtout une motivation sans faille, c’est toute une palette de sentiments qui animent les 8 membres (sur 10) du comité d’Espoir pour Eux ce matin du mercredi 30 septembre à l’aéroport de Bâle.
En effet, c’est le grand jour! Laissant nos familles pour 10 jours, chargées de 450 kg de bagages - nos affaires personnelles tenant dans un petit sac à dos - nous embarquons pour Kigali, capitale du Rwanda, où nous sommes attendues par Jean-Pierre Sagahutu, notre indispensable contact rwandais.

 

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Notre premier regard se pose étonné sur une ville moderne, aux routes impeccables et aux constructions modernes. Le Rwanda, ce petit pays au centre de l’Afrique, est en effet en plein essor économique. Nous nous rendrons rapidement compte qu’il n’a pas atteint tout le pays et qu’en périphérie de la ville et surtout dans les campagnes règne encore une grande pauvreté.
Très vite, nous brûlons d’impatience de rencontrer les personnes que notre association soutient et nous nous rendons à la coopérative de femmes Kora Mubyeyi. Dans un tout petit local au bord de la route, plusieurs femmes sont regroupées. Certaines cousent à la machine, d’autres fabriquent des perles qui serviront à confectionner des bijoux. C’est important pour nous de les voir au travail, de les rencontrer. La majorité d’entre elles parlent le kinyarwanda, mais qu’importe, les gestes et les sourires permettent le contact et nous nous sentons chaleureusement accueillies. Notre but est également de leur acheter beaucoup d’artisanat afin de pouvoir le vendre en Suisse. Des centaines de bijoux, des pantalons, corbeilles et autres sacs leur sont commandés. Nous passerons les chercher à la fin de notre séjour. 


Le second point d’orgue de notre voyage est Kagina, le village de Pygmées qu’Espoir pour Eux soutient. Après une heure de trajet dont la majeure partie sur une piste aux ornières béantes, nos deux véhicules arrivent dans un petit village aux maisons en briques de terre et toits de tôle. Quelques personnes arrivent à notre rencontre – c’est vendredi, beaucoup d’enfants sont à l’école – et pour plusieurs d’entre nous, c’est un premier contact avec cette pauvreté dont on parle tant mais qui ici nous saute aux yeux et au cœur! Des petits aux vêtements en lambeaux et aux pieds nus, des adultes parfois très maigres, mais aux sourires éclatants nous saluent. Les enfants sont curieux, certains n’ont jamais vus de «Bazungus» (Blancs). Ils veulent qu’on les prenne en photos et rient de se voir sur l’écran.
Cette première visite à Kagina est pour nous l’occasion de rencontrer les membres d’une coopérative qui s’est créée suite à l’achat d’un moulin à céréales que nous avons financé, une opportunité pour les villageois de générer un petit revenu. Le moulin est installé, protégé par une maisonnette. Malheureusement il ne fonctionne pas: le dernier raccordement électrique n’a pas encore été effectué. Ce sera notre challenge: nous voulons voir le moulin fonctionner avant notre départ!

 

 

Nous profitons de notre présence sur place pour faire aboutir un de nos rêves: construire une place de jeux pour les enfants. Nous achetons un terrain à un particulier et demanderons en ville des devis pour les balances, le tourniquet et le toboggan.
Avant de partir, nous déchargeons dans un local du village des montagnes de vêtements et chaussures qui seront distribués ultérieurement.
Sur le chemin du retour nous rendons visite à la responsable du secteur pour tenter de faire pression et obtenir l’autorisation d’effectuer les derniers raccordements du moulin.

 

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Le dimanche suivant, après avoir assisté à la répétition de la chorale pour le culte, un moment qui en a ému plus d’une, tant par la beauté des chants que par l’enthousiasme et la ferveur des chanteurs et de l’assemblée, nous reprenons la route de Kagina. Où nous sommes cette fois attendues de pied ferme par des centaines d’enfants et leurs parents. Toutes ces petites mains qui nous agrippent, veulent nous toucher, tous ces regards qui nous interpellent, s’étonnent de la blancheur de notre peau, de nos cheveux différents, tous ces sourires qui nous font fondre, ces parents qui essayent de communiquer avec nous, nous font vivre des émotions intenses. La foule est immense, la chaleur oppressante, l’instant hors du temps.

 


Nous photographions chaque enfant parrainé, lui remettons une petite lettre de son parrain ou de sa marraine et l’emmenons à l’intérieur pour l’aider à choisir une paire de chaussures, un pull ou un t-shirt et un short ou un pantalon. Malheureusement, il y a des centaines de familles à Kagina et nous n’en avons pas pour tout le monde. Nous sommes tellement désolées devant les mamans déçues ou en colère qui n’ont rien reçu pour leurs enfants.
Nous avons droit à une démonstration de danses traditionnelles – magnifiques - que la pluie viendra interrompre. C’est à l’abri que nous chanterons en cœur avec des dizaines de petits et grands une chanson de chez nous: «Ah les crococos, les crococos, les crocodiles…». Instants magiques!

 

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Au cours de nos différents déplacements, nous nous imprégnons des images de ce magnifique «pays des mille collines». Un pays de grands lacs, de petits lopins de terres cultivés, de volcans, de collines verdoyantes. Le long des routes, les gens marchent, tantôt pour aller au travail ou à l’école, pour transporter sur leur tête de la canne à sucre, de l’herbe ou tout autre objet incongru tel un congélateur ou un lit, tantôt pour conduire des chèvres ou aller chercher de l’eau au puits, tâche qui incombe souvent aux enfants, même très jeunes, et que l’on croise portant de lourds jerricanes.
D’autres vont à vélo, faisant office de taxi ou charriant d’énormes sacs de choux à l’équilibre précaire ou des colonnes de carottes. Des voitures circulent aussi sur les grands axes routiers en bon état.

 

 

Nous avons la chance d’avoir avec nous Jean-Pierre, qui nous explique le Rwanda, la manière de vivre de ses habitants. Il est à la fois notre guide, notre traducteur et notre ami.
Il nous explique aussi le génocide, incontournable quand on est au Rwanda. C’était il y a seulement 20 ans (en 1994). Nous visitons le Mémorial à Kigali, qui relate les événements, l’horreur des massacres, l’injustice et la douleur, mais aussi l’extraordinaire volonté du peuple rwandais à s’en sortir, à stopper la spirale de la violence et de la vengeance, à avancer et surtout à tout faire pour que ceci ne se reproduise jamais. Une extraordinaire leçon de vie…

 

 

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La veille de notre départ, nous tenons à tout prix à finir le raccordement du moulin de Kagina. Une longue journée commence alors. Nous passons à la société d’électricité prendre un technicien, puis achat du matériel en ville, puis attente d’un deuxième technicien et départ pour Kagina. Pendant que les ouvriers se mettent au travail nous visitons l’école, étape indispensable de notre voyage. Elle est à 4 km pour nos protégés et accueille des enfants de tous les villages voisins. Pour tous ces écoliers, elle est la chance de pouvoir plus tard accéder à un métier qui les fera vivre dignement. Nous sommes ravies de voir que les enfants y étudient dans de bonnes conditions.

 


De retour au moulin, tout semble prêt à fonctionner. Manque juste un code que nous transmettrons au chef du village. Nous faisons donc nos adieux, un énorme pincement au cœur, l’émotion au bord des lèvres. Mais à peine redescendues, un problème nous oblige à remonter et c’est donc en direct, à la nuit tombante, que nous entendons vrombir le moteur pour la première fois, entourés de tous les villageois. S’en suit une hola générale, des cris, des rires, des applaudissements. Et c’est dans cette bonne humeur générale que les enfants autour de nous commencent à chanter et danser en nous tenant par la main dans le crépuscule de Kagina. Un souvenir inoubliable.

 

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Le 10 octobre, notre voyage touche à sa fin. Nous retournons à la coopérative Kora Mubyeyi chercher l’artisanat commandé. Elles ont beaucoup travaillé ces dames et c’est les bras chargés que nous prenons congé de ces femmes courageuses et désireuses d’offrir un avenir meilleur à leurs enfants.

 

Rwanda, tu nous auras marquées, tu auras toujours une saveur particulière pour nous huit. Tu as été la première destination de notre comité presque au complet. Nous avons ri, pleuré; nous avons été à la rencontre de ton peuple, mais aussi à la rencontre de nous-mêmes. Nous avons mis des visages sur des noms, nous avons frémi devant ta pauvreté, nous nous sommes réjouies de ton développement. Nous avons admiré tes beautés, nous avons été bouleversées par ton passé et par ta force à en découdre. Tu nous as émues, tu nous as fait vibrer, tu nous as appris beaucoup, tu as décuplé – si besoin était- notre motivation à continuer nos actions et à offrir au plus grand nombre d’enfants possible l’espoir d’une vie meilleure.

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